SOPK renommé SMOP : ce que ce changement signifie pour vous
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a officiellement changé de nom en mai 2026. Il s'appelle désormais le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien — abrégé SMOP. Un changement historique, validé par 56 organisations internationales, qui reconnaît enfin la vraie nature de cette maladie.
SOPK ou SMOP : quelle différence ?
Le 12 mai 2026, lors du Congrès européen d'endocrinologie à Prague, un consensus international publié dans The Lancet a officialisé le nouveau nom : syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), ou polyendocrine metabolic ovarian syndrome (PMOS) en anglais.
Ce n'est pas un changement anodin. Il est le fruit de 11 ans de travail scientifique et de la consultation de plus de 22 000 personnes à travers le monde — patientes, médecins, chercheurs.
SOPK et SMOP désignent la même réalité médicale. Si vous avez été diagnostiquée avec un SOPK, votre diagnostic reste valide. Ce qui change, c'est la façon dont la médecine nomme et comprend ce syndrome.
Pourquoi le mot « polykystique » posait problème
L'ancien nom — syndrome des ovaires polykystiques — induisait en erreur depuis des décennies. Ce que l'on appelait des « kystes » sont en réalité des follicules : de petites poches contenant des ovocytes, visibles à l'échographie. Il ne s'agit pas de vrais kystes.
Conséquence directe : des patientes recevaient un diagnostic basé sur une image échographique qui ne reflétait pas forcément leur état réel. D'autres, au contraire, ne se reconnaissaient pas dans ce nom alors qu'elles présentaient bien les symptômes du syndrome.
Ce que le SMOP recouvre vraiment
Le nouveau nom intègre les trois dimensions de la maladie :
- Métabolique : résistance à l'insuline, risque cardiométabolique, prise de poids
- Ovarien : anomalies du fonctionnement des ovaires, troubles de l'ovulation
- Polyendocrinien : excès d'androgènes (hormones dites « masculines »), dérèglement hormonal global
Le SMOP est la première cause d'infertilité féminine, selon l'Inserm. Il touche environ 1 femme sur 8 en âge de procréer (10 à 13 % selon les études).
Les symptômes du SMOP (ex-SOPK)
Les symptômes restent identiques, quel que soit le nom employé :
- Cycles menstruels irréguliers ou absents
- Difficultés à ovuler
- Acné persistante
- Pilosité excessive (hirsutisme)
- Prise de poids, en particulier abdominale
- Fatigue chronique
- Résistance à l'insuline
- Difficultés à concevoir
Il existe 4 phénotypes distincts du SMOP — ce qui explique pourquoi deux femmes avec le même diagnostic peuvent avoir des symptômes très différents. Le surpoids n'est pas systématique : 20 à 30 % des femmes concernées sont minces.
Ce que ce changement signifie pour votre prise en charge
Mieux nommer la maladie, c'est déjà mieux la reconnaître. En abandonnant une appellation inexacte, les spécialistes espèrent :
- Réduire les délais de diagnostic, souvent trop longs
- Éviter la stigmatisation liée à une image d'ovaires « abîmés »
- Orienter vers une prise en charge globale — hormonale, métabolique et gynécologique
- Faciliter la communication entre patientes et médecins
Votre traitement ne change pas. Les approches restent les mêmes : adaptation du mode de vie, gestion de la résistance à l'insuline, régulation hormonale, accompagnement de la fertilité si nécessaire.
En pratique : que faire si vous êtes concernée ?
Si vous avez un diagnostic de SOPK — ou si vous présentez des symptômes qui y ressemblent — une consultation gynécologique spécialisée reste l'étape essentielle.
Le SMOP ne se diagnostique pas seul. Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam : 2 critères sur 3 suffisent (cycles irréguliers, hyperandrogénie, aspect échographique des ovaires). Un bilan hormonal et métabolique complet permet d'identifier votre phénotype et d'adapter la prise en charge.
À retenir
| Ancien nom | Nouveau nom |
|---|---|
| SOPK — Syndrome des Ovaires PolykystIques | SMOP — Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien |
| PCOS (anglais) | PMOS (anglais) |
| Nom trompeur, centré sur les « kystes » | Nom précis, intégrant hormones, ovaires et métabolisme |
Le SMOP est la même maladie, mieux comprise. Ce renommage est une avancée pour toutes les femmes qui vivent avec ce syndrome — et pour les médecins qui les accompagnent.
Le Dr Yasmine Maazouzi, gynécologue chirurgienne à Marseille, accompagne les femmes atteintes du SMOP (ex-SOPK) dans leur parcours de soins. Pour toute question ou prise en charge, contactez le cabinet.